Les confidences de la journaliste de Djebabou Diallo décédée il y a deux semaines par crise cardiaque

14 NOVEMBRE 2017-14 NOVEMBRE 2019
UNE_HISTOIRE_DE_COEUR
CICATRICE_DE_LA_SOLIDARITÉ
LE_COMBAT_DE_LA_SURVIE

C’est long, mais prenez la peine de lire SVP !

C’est le mardi 14 novembre 2017 que la cicatrice de la solidarité s’est dessinée sur mon corps.
Oui je l’appelle ainsi, #Cicatrice_de_la_solidarité
parce qu’elle n’a pu exister que grâce à la mobilisation de tous.
Diagnostiquée en 2008 d’insuffisance cardiaque due à une valvulopathie, je vivais chaque instant de ma vie dans la crainte de voir mon cœur s’arrêter brusquement jusqu’en septembre 2017 où cette crainte s’est accentuée par l’annonce de l’engagement de mon pronostic vital si dans les trois mois qui suivaient, je ne subissais une intervention chirurgicale.
Eh oui, une intervention chirurgicale qui ne peut se faire en Guinée pour des raisons que nous savons tous. Je ne peux pas dire que ce n’était pas cela le problème, c’en était un mais le plus grave, était le montant qu’il fallait débourser pour me faire opérer dans une clinique marocaine.
Pour deux semaines d’hébergement, il me fallait payer au moins 15.000 euros (environ 150 millions de francs guinéens).
Où vais je trouver ce montant? Me demandais-je! D’où vais-je sortir un tel montant? se demandait mon époux, plus qu’inquet! Comment allons-nous mobiliser cet argent? Telle était la préoccupation de ma famille biologique.
Dans les coulisses, plusieurs portes qui pouvaient s’ouvrir ont été frappées sans succès, le temps filait, le compte à rebours était lancé.

Nous voilà dans le mois d’octobre, un mois sur les trois, était déjà achevé. Et moi, je comptais mes jours, il me reste deux mois à vivre, il me reste 20 jours à vivre, c’était ça mon quotidien.

Regarder mes enfants dans les yeux était pour moi un signe de culpabilité, je me sentais coupable d’avoir mis au monde des enfants que je devais laisser très tôt au monde.

Des nuits blanches, d’arythmies, de douleurs intenses, des journées de réflexions, de prières et d’invocations, ont marqué le quotidien de ma famille.

Que puis-je faire? Me taire et mourir à petit feu ou exposer mon problème au public afin de trouver une solution ? Il fallait en tout cas choisir.

J’ai commencé à inonder les inbox de mes amis Facebook de mon rapport médical et de la facture de la clinique marocaine, accompagnés d’une courte phrase d’SOS.
Certains ont lu sans jamais répondre, d’autres ont lu et m’ont souhaité bonne chance, un autre groupe cherchait à trouver la solution.

Pendant qu’à Fria, avec le soutien des autorités préfectorales et communales, la Direction préfectorale de l’éducation, la Société civile, les médias locaux, les religieux et l’association de défense des droits des femmes ont mis en place une commission mixte de quête à travers le porte à porte, à Conakry, mon époux déposait des lettres de demande de soutien chez des ministres, opérateurs économiques, politiciens, des hauts cadres de l’État.
Le mois de novembre avance, toujours rien. « Pardonnez moi et acceptez le fait que je dois vous quitter bientôt » disais-je à mon époux et aux autres membres de ma famille. Cette phrase faisait couler des larmes chaudes sur les joues de ces personnes pour qui je compte.

Des femmes journalistes, administratrices de sites d’information ont décidé de m’aider à leur manière, à travers leurs plumes. #Djamithiaguel de guineedecalee.com dirige son reporter #Elisabeth_Guilavogui vers moi pour une interview, #Aminata_Pilimini_Diallo Actu-elles.info, me pose des questions sur messenger. Le lendemain les deux articles apparaissent, comme une trainée de poudre, ils sont partagés par des centaines de personnes sur les réseaux sociaux y compris moi.

#Maimouna_Sow de la radio Espace, étonnée en lisant ces articles, me contacte sur messenger pour se rassurer. Elle a poussé les pions, #Arfamoussaya_Macka_Diaby s’est impliqué, et voilà #Dr_Khalil_Kaba, qui prend les choses en main et m’offre une prise en charge de la présidence de la République. La solidarité journalistique s’est fait ressentir, dans les radios et médias en ligne, chacun de son côté en parlait.
C’est ainsi que je fus admise le 31 octobre 2017 à l’hôpital de l’amitié sino-guinéennne. De tous les ministres qui avaient été contactés, seul #Moustapha_Naïté avait répondu à l’appel, il a fait ce qu’il pouvait.
Après deux semaines de soins intensifs, je m’envole pour la Tunisie le 7 novembre en compagnie du cardiologue #Dr_Sandy, car pour lui, j’étais une grande malade qu’il ne faillait laisser voyager seule.

Pendant ce temps, en vrai guerrier, mon époux #Mamadou_Gueye se battait corps et âme pour me rejoindre. Alhamdoullillah, il en est parvenu et est arrivé à mes côtés quatre jours plus tard, à la #polyclinique_Errahma de Mahdia.

Mon cœur était si fatigué que je n’avais que 15%de chance de m’en sortir. Il fallait donc un engagement de mon époux présent pour que l’intervention se fasse.

Bref, le 14 novembre 2017, je me réveille dans une cabine de réanimation après 10 heures passées au bloc opératoire.

Lors de cette opération à coeur ouvert, sur quatre valves, deux ont été remplacées par des valves mécaniques et une a été réparée.
Six mois de convalescence et hop, je suis sur pied comme si rien n’en était.

Même si rien ne sera comme avant, même si quelque fois je ressens des douleurs, je me dis que j’ai gagné un combat et je dois continuer à me battre pour ce que j’aime.
Eh ben, que je vous le dise ou pas, je sais que si je suis encore en vie, c’est grâce à Dieu à travers vous tous, ma famille, mes amis, mes amis facebook, mes amis journalistes, #DPE_FRIA,#APAC, #ABLOGUI, #BEFAMBÈ, #GUINEENEWS, #CNSS, #ASSOCIATION_POLY, #ADDFF,#CAPF, #ESMUG, mes copines d’enfance (elles se reconnaîtront de Conakry à l’extérieur), mes amis communicants, mes amis enseignants, la société civile, la population de Fria, mes enfants.

Si j’ai oublié quelqu’un, prière de m’en excuser, c’est indépendant de ma volonté et vous étiez si nombreux, que j’ai oublié certains.

#Je_suis_une_survivante
Que vous soyez cités ici ou pas, sachez que
je ne cesserai jamais de vous remercier.
Que Dieu vous bénisse !
Amen!

PAR DJÉNABOU DIALLO
PROFESSEUR DE FRANÇAIS
JOURNALISTE
ACTIVISTE
Paix à ton âme consœur
onetopic84@gmail.com